#10 L’art de la guerre pour les femmes de Chin-Ning CHU

Bonjour cher lecteur et chère lectrice !

Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre en avant un livre ciblant spécifiquement les femmes. Il s’agit du mythique « l’art de la guerre pour les femmes » adapté vous l’aurez compris du livre “L’art de la guerre” de Sun Tsé

L’art de la Guerre est effectivement très connu, que ça soit dans le monde politique, militaire mais également dans le monde des affaires et ce, depuis très longtemps. Ce livre, et on le comprend d’après son titre, est lu majoritairement par des hommes. C’est pourquoi je trouve l’idée de son nouvel auteur Chin-Ning CHU particulièrement intéressante. Elle a voulu construire cette version autour de situations et à l’adresse des femmes qui, au fil des siècles prennent une place de plus en plus importante.

Adapté aux femmes actuelles, quels que soient nos métiers, les stratégies employées nous montrent comment nous adapter pour surmonter les obstacles de notre temps. Que l’on soit salariées ou indépendantes, les affaires sont une « guerre » et nos concurrents, nos adversaires. Ainsi ce livre va nous aiguiller sur les meilleures façons de nous y retrouver face à cette jungle.

Guerre oui, mais avec une certaine forme d’art !

Rappelons tout de même que ce livre n’est pas « anti-hommes ». Mais comme nous le savons, nous pouvons aussi bien réussir par nous-même et surtout à notre manière, avec peut-être, un point de vue différent.

Commençons par une brève présentation de l’auteur de l’art de la guerre, Sun Tse et voyons pourquoi ce livre a été créé.

Il nous faut déjà savoir que Sun Tsé (Sun Tzu ou maître Sun) était à la base un fermier et un philosophe autodidacte. Il venait d’une famille chinoise aux descendants militaires (comme son grand-père) et de ce fait, il fut rapidement initié par les stratégies de l’armée, au travers des nombreux livres auxquelles il eut la chance d’accéder (nous apprenons que les livres de l’époque sont très rares du fait de leur unicité et écrits sur du bambou ou du bois !). Et oui, les livres notamment militaires étaient donc très précieux. Très intéressé par les stratégies à mettre en place, il comprit que de la nature avait une grande place, c’est pourquoi il voulu intégrer des éléments dans lesquels il vivait.

Sun Tsé eut un parcours modeste. Néanmoins, il vécut durant une guerre qui dura 150 ans, il sut donc développer sa sagesse grâce à son sens aigu de l’observation et des épreuves qu’il dut endurer. C’est autour de 512 av-JC qu’il écrivit son livre « l’art de la guerre », destiné surtout à le présenter au roi pour du travail. Après de nombreux refus, Sun Tsé s’est finalement rendu indispensable grâce à ses obscures stratégies. J’emploie volontairement le mot obscur car de nombreuses écoles de pensée parlent de la complexité du livre. Était-ce une manière pour l’auteur de se rendre justement indispensable ?

Selon CHIN-NING CHU l’auteur de “l’art de la guerre pour les femmes”, si tout avait été clair dès le départ, le roi aurait pu s’approprier les connaissances de Sun Tsé et le renvoyer d’où il venait. Malin !

Fort de son succès, nous apprenons que ce « traité » fut publié en quasi 200 versions différentes, adaptations, versions avec commentaires etc… mais AUCUN dirigé pour les femmes. C’est ce que l’auteur nous propose dans son art de la guerre pour les femmes.

“L’art de la guerre pour les femmes” étant très riche j’ai décidé de le scinder en plusieurs grandes parties. J’ai préféré ici vous exprimer ce que j’en ai retiré. Libre à vous de le lire ou le relire et peut-être que certaines stratégies plutôt que d’autres, auront retenu votre attention. D’ailleurs, c’est ce que j’aime à la lecture d’un livre. L’opinion des uns et des autres est si différente ! C’est ce qui en fait sa richesse. À chacun de nous de se l’approprier en fonction de nos attentes.

Voyons donc 7 points importants qui, pour ma part, sont à retenir de ce livre. Nous noterons que les allers et retours entre les deux livres celui de Sun Tsé et Chin-Ning Chu sont fréquents. Je mettrais également certaines citations de Sun Tsé qui me sembleront adaptés au contexte.

1. LA PRÉPARATION – LE JI

Le Ji a plusieurs significations : préparer un complot, prévoir, comparer. On peut aussi le comprendre comme un acte qui précède la bataille ou avant d’entreprendre une action.

Il y a, selon Sun Tsé, 5 éléments qui régissent cette préparation. Elles sont toutes liées entre elles et seront utilisés tout au long du livre. Interchangeables, elles peuvent être aussi adaptées selon l’environnement.

« La stratégie qui vous a apporté la victoire ne doit pas être forcément réemployé à l’identique »

Cette phrase de Sun Tsé nous montre bien que ces éléments portent en eux une certaine réflexion avant de bien les utiliser.

• LE TAO – LA VERTU

Dans l’art de la guerre pour les femmes, c’est le plus important : la prise de décision. Ici, la vertu guide nos choix afin d’atteindre efficacement le succès. Il s’agit ici de viser un objectif juste et en équilibre avec nos propres besoins. Nos actes doivent être mesurés et nous motiver. Car lorsque nous sommes en accord avec nous-même, que nous faisons les choses pour de bonnes raisons, nous obtenons de bons résultats. Le TAO mène à la victoire.
Attention néanmoins à l’égo. Posons-nous les bonnes questions et demandons-nous quelles seront les portées de nos décisions. Prenons du recul et voyons comment accorder cet équilibre entre nous et les autres. Car plus nous serons utiles aux autres (et nous-même), plus nous réussirons.

• LE TIEN – LE BON TIMING

Le bon timing est surtout d’être en harmonie avec l’environnement extérieur et intérieur. Le premier tient en compte l’Univers. Lorsque le timing n’est pas le bon, nos actions n’auront pas d’impact. Lao Tseu disait : «  l’Univers, qui porte en son sein le Ying et le Yang, insuffle aux deux forces une énergie égale ». Comprenons que cet Univers fonctionne par « cycles » et que chaque choses arrivent le moment venu. De même que notre environnement intérieur (personnel) nous montre la voix avec notre intuition (ici féminine !). Le Tien c’est attendre le bon moment pour passer à l’action.
À savoir également que le fait de NE PAS passer à l’action est en soit une décision !

• LE DI – LES RESSOURCES

Dans l’art de la guerre, Sun Tsé nous informe que la connaissance de la terre est importante pour se préparer. Et, en effet il existe plusieurs types de terrains que nous pouvons rencontrer. Nous les verrons en détail plus loin mais ici, il est intéressant de voir comment nous pouvons les appréhender. Ces différents terrains présentent des avantages et des inconvénients. Afin de bien les comprendre, il faut d’abord les apprendre et surtout s’en accommoder. Dans le cas d’une « vraie » bataille, sur un « vrai » terrain, Dame Nature ne nous laisse pas le choix. Dans notre vie actuelle de femme conquérante, il est intéressant de comparer et de savoir tourner les faits à notre avantage. Afin de s’adapter au mieux, utilisons notre savoir-faire et mettons à profit nos expériences (bonnes ou mauvaises) afin de transformer les points faibles en points forts. Ici ADAPTABILITÉ est le mettre mot.

• LE JIANG – LEADER

Nous voyons comment se préparer à être un bon leader en ayant un bon état d’esprit. Tout est dans l’attitude que nous véhiculons et notre position dans la vie de tous les jours. Compréhension, empathie, nous avons les qualités pour diriger en douceur.
Mesdames, à nous de nous donner les moyens et surtout la permission d’être un leader !

• LE FA – DIRIGER

Le management est un art à part entier. Savoir diriger est un exercice à prendre au sérieux ! Il s’agit de trouver le parfait équilibre. Gérer nos relations, nos éventuelles collègues, notre vie personnelle …Cette section est volontairement courte puisqu’une grande partie de ce livre nous montrera la voix. Diriger « une armée » doit être bien considéré !

2. LES STRATÉGIES OÙ COMMENT ENTRER DANS LA BATAILLE.

Nous avons vu plus haut les éléments qui constituent une bonne préparation. Maintenant, il est temps de rentrer dans la bataille. Différentes stratégies s’offrent à nous, afin de pénétrer efficacement dans le concret. Soyons donc prête, aussi bien à attaquer qu’à nous défendre.

– La première et non des moindres est de savoir bien se connaitre (et en prime, connaitre les autres). Nous portons toutes en nous des peurs, des doutes ou des échecs. Lors d’une attaque, nous aurons cette force car nous connaîtrons nos points faibles. Comprendre cela nous protège et nous sécurise. De plus, nous aurons plus d’empathie envers les autres qui portent certainement en eux, les mêmes faiblesses que nous !

– La deuxième stratégie importante selon moi, est l’équilibre professionnel et personnel. Grâce à cette bonne connaissance de nous-même, nous découvrirons que nous pouvons avoir un certain contrôle sur différents éléments de notre vie professionnelle. En utilisant notre personnalité, nous avons la force de faire face aux difficultés. N’oublions pas toutefois que rien n’est jamais acquis. Continuons l’apprentissage que ça soit pour nous ou les autres. Bref, trouvons l’équilibre.

– La troisième est de savoir générer des résultats. Utiliser les deux premières stratégies à bon escient afin de générer des profits utiles à l’entreprise. Ou encore intégrer l’esprit d’équipe et récompenser les résultats si vous êtes dirigeante. En effet, une bonne reconnaissance (sans trop en faire) apporte de la valeur à ceux qui travaillent pour vous ! Et les résultats ne se feront pas attendre.

3. MAITRE DE SON DESTIN – SAVOIR GAGNER AVANT LA VICTOIRE

Nous sommes donc rentrées dans la bataille en se focalisant sur diverses stratégies. Faisons ici une légère digression et voyons comment gagner avant de se battre réellement. Nous avons vu qu’il est important d’anticiper, d’être prêt et de s’adapter aux différentes situations. Nous sommes donc dans la peau d’une gagnante et surtout nous sommes maîtresses de notre destin (cf. conférence de Brene Brown). Avec motivation, sagacité et détermination, nous devons avoir en tête la victoire.
Afin de trouver l’équilibre nous devons, selon l’auteur Chin-Ning CHU, choisir de porter les « bonnes chaussures » avant de s’engager. En effet, elle précise que nous pouvons nous adapter en fonction des difficultés rencontrées, soit en chaussant nos chaussures de verre, ou nos bottes de combat. Eh oui, puisque nous sommes des femmes, nous avons la possibilité de décider et de contrôler nos choix. Porter les « bonnes chaussures » signifie ici faire face aux éventualités. Les deux polarités sont importantes, et la réussite viendra du fait que nous sommes encore une fois en accord avec nous-même.

4. L’ÉLAN

Dans cette partie, nous re-utilisons un élément de la préparation LE TIEN à savoir le bon timing et comment l’améliorer.
Il y a plusieurs façons de faire comme être attentif et à l’écoute autour de soi (par exemple si on travaille dans la mode), être réaliste quant à la réalisation de nos objectifs (en déterminant nos points forts), en écoutant notre intuition et en planifiant afin de les confirmer.
Mais aussi en faisant preuve de bon sens.

«  Il y a une saison et un moment propices pour utiliser le feu pour attaquer l’ennemi ».

Là encore Sun Tsé nous prodigue un conseil éclairé en matière de timing à savoir : vérifier le sens du vent !

Prendre de l’élan c’est aussi savoir créer l’illusion. L’auteur ne nous dit pas de mentir mais de savoir laisser les gens croire ce qu’ils ont envie de croire. Ainsi, nous avons l’avantage de pouvoir d’être incognito tout en nous montrant persévérante face à nos objectifs.

5. CACHONS NOS CARTES – GÉRONS LES CONFLITS

Le fait de créer une sorte d’illusion va aussi nous servir dans certaines situations. Dans “L’art de la guerre pour les femmes”, l’auteur nous confirme bien qu’il s’agit de protection et non de profiter de la faiblesse d’autrui. Il s’agit en effet d’ technique couramment utilisée dans la culture orientale.

Comment s’y prendre ? Tout d’abord en évaluant la situation avant de réagir en conséquence. Mettons de la distance (mentale et physique) entre nous et notre ennemi et sachons ne pas trop dévoiler nos plans. Dans notre société, la jalousie peut être une des situations à gérer en entreprise. Être parfaitement modéré permet de  riposter avec un esprit solide, fort, aussi immuable qu’une montagne sans jamais à avoir élever la voix.” Lors d’un conflit nous devons apprendre à être « à l’extérieur de la marmite », de sorte que nous pouvons avoir une vision d’ensemble et nous faire notre propre opinion sans nous « blesser ».
De même que savoir apporter un soutien peut faire bloc contre un ennemi et nous faire garder un certain contrôle. En étant disposées à être meilleure tout en se mesurant, nous pourrons récolter les fruits de nos efforts.

6. DIRIGER LES TROUPES EN FONCTION DU TERRAIN

Dans notre préparation, nous avons vu qu’il était bon de s’adapter aux différents terrains que nous pouvons rencontrer. Tout comme une armée, la taille importe peut sur un terrain. Dans l’entrepreneuriat, avoir une grande ou petite entreprise revient exactement au même. C’est le terrain déterminera la victoire ou la défaite. Selon Sun Tsé il y a 6 types de terrains à connaitre.

  • FAVORABLE – Terrain plutôt amicale mais en prenant quelques précautions.
  • CHEMINS ESCARPÉS – Difficultés à gravir les échelons, à avancer dans une entreprise.
  • TERRAINS COMPLEXES – propices à la défaite, problèmes au sein de l’entreprise (management, jalousie)
  • PASSAGE ÉTROIT – Possibilités d’avancer si nous convoitons un poste de pouvoir. Attention tout de même a bien être parée face aux éventualités. Il s’agit ici de faire entendre sa voix sans écraser personne.
  • SOMMET D’UNE COLLINE – Nous sommes à la tête mais nous nous devons de bien remplir nos objectifs. Nous avons une vue d’ensemble sur les terrains et nous devons avoir le contrôle de la situation.
  • LA TERRE ÉLOIGNÉE – En entreprise nous devons apprendre à respecter les personnes qui sont au-dessus de nous. Ne pas les provoquer. Si nous ne sommes pas en accord avec leur valeur, nous pouvons faire le choix de quitter l’entreprise.

Pour nous les femmes, diriger est déjà dans nos gènes. Car les compétences d’une mère au foyer ou d’une chef d’entreprise sont similaires. Mais nous ne devons pas ignorer ces ressources et ce que cela pourrait nous apporter (en notre faveur ou notre défaveur). Si nous avons quelques difficultés, acquérons les bons outils. Certaines d’entre nous n’aurons pas envie de diriger, ça arrive ! N’acceptons pas le rôle de leader si nous ne nous en sentons pas capables.
En effet, un terrain peut mener droit à la défaite. Un management incompétent, le favoritisme ou l’incapacité à réprimander peut être fatale dans une entreprise.

7. EN TERRITOIRE ENNEMI

Cette dernière partie est la plus complexe du livre “L’art de la guerre pour les femmes” car, que ça soit la version originale ou celle-ci, on retrouve les stratégies déjà évoquées.

Je m’appuierai donc sur le chapitre suivant dans le livre à savoir « Quand et comment nous battre ? ». Nous sommes toujours en territoire ennemi. Nous devons exploiter un état de force, de contrôle et de détachement parfait pour atteindre la victoire. Dans ce sens nous avons deux façons de faire.

Selon Sun Tsé, la première chose à connaitre est l’attaque par le feu (comprendre l’anéantissement de l’ennemi). Nous pouvons être en face d’une situation difficile et nous nous devons de nous battre. À bon escient bien sur et en réfléchissant. Canaliser notre colère face à une injustice par exemple, et l’utiliser comme une énergie à quelque chose de plus productif afin de retrouver l’équilibre. Dans “L’art de la guerre pour les femmes”, Chin Ning Chu nous explique également que toutes les batailles ne valent pas le peine de se battre.

En deuxième lieu, nous pouvons choisir aussi de résister grâce à l’eau. En utilisant cette puissance nous avons la capacité de conquérir sur le long terme. Comment ? En sachant endurer et en étant patiente. Comme l’eau, la résistance est femme. Si nous avons la possibilité de contrer l’ignorance et la stupidité, nous atteindrons la sagesse mentale.
En résumé, changez ce que vous pouvez changer ou endurer ce que vous ne pouvez pas changer. La réussite n’arrive pas en un jour et nous devons certaines fois, reculez pour mieux sauter en attendant une meilleure occasion et ce sans se fourvoyer. Tout cela, encore et toujours en accord avec le tao !

MON AVIS

Nous voici venu à la fin des 7 points que je souhaitais vous exposer. “L’art de la guerre pour les femmes”, comme je vous l’ai dit, est très riche et comporte énormément d’informations intéressantes. C’est pourquoi, si vous le lisez, il ne faudra pas vous décourager. En effet, je m’y suis prise à deux fois avant de le terminer complètement. L’auteur CHIN NING CHU manie habilement sa version avec celui de SUN Tsé en insérant quelques passages et citations, ce qui rend la lecture assez cohérente. De nombreux cas et exemple de vie de femmes sont aussi apportées pour une meilleure compréhension.

Malgré tout, j’ai eu l’impression que beaucoup de choses étaient répétitives. La préparation et ces 5 éléments ( Le Tao, le Tien, le Di, le Jiang et le Fa) sont en fait présents dans tout le livre. On se rend compte parfois que les stratégies s’entremêlent pour aboutir aux même résultats.

Comprenons tout de même que le livre de Sun Tsé, n’était en aucune façon destiné à être publié. Le fait qu’il soit complexe nous fait comprendre que, les lecteurs tout comme les écrivains qui on souhaité apporter leur propre version, n’ont pas eu la tâche facile. Tout comme eux j’ai éprouvé quelques difficultés à en extraire les idées principales.

“L’art de la guerre pour les femmes” est tout de même à lire car en étant une femme, on s’y retrouve aisément. Certaines situations ont sûrement déjà été vécues par certaines d’entre nous et les stratégies exposées sont intéressantes.

Pour finir, je reprendrai le titre de la préface de ce livre qui me paraît tout à fait appropriée :

C’est l’art qui nous intéresse, pas la guerre.

À vous la parole, comme toujours avec bienveillance !

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